Un cheval pour la vie

Cette rubrique tend à aborder la question de devenir "propriétaire" d'un cheval.

Nous rejoignons certaines personnes comme Laila del Monte (voir notre lien: Communiquer avec les animaux) qui observent à juste titre que l'on n'est en réalité propriétaire de rien du tout, et surtout pas d'un être vivant et conscient et que l'on est d'avantage des "gardiens" que des "propriétaires"

Pour notre part, nous disons que nous sommes les "protecteurs" de nos animaux, tant il nous semble qu'il faille d'avantage les protéger de toutes nos bêtises que d'en être "propriétaire".

Cette différence de vocabulaire n'est pas anecdotique, elle traduit notre façon de nous positionner vis à vis de l'animal qui va partager notre chemin et sur notre façon de nous comporter avec l'animal. Ce comportement, la plupart des chevaux s'y soumettent, le supportent en silence, et c'est pourquoi bien souvent, nous ne serons conscients de rien du tout durant toute la vie du cheval et tout se passera bien de notre point de vue...

Si notre intention est de véritablement comprendre ce qu'est un cheval, ce qu'est le monde, ce qu'est cette vie mystérieuse qui a engendré des créatures aussi différentes que nous, si nous souhaitons essayer d'en prendre conscience et d'en comprendre les règles, il est important de choisir les bons mots pour désigner les choses , ce qui est un moyen de poser des jalons sur notre chemin de conscience.

Dans bien des écoles d'éthologie, il apparait comme essentiel d'établir la "dominance" sur le cheval afin d'apprendre à le cotoyer sans danger; en effet, un cheval c'est 500 kg de force de masse et d'impulsivité, de sensibilité et de réactivité... 

Que signifie ce mot "dominer/dominance" pour nous.? comment le comprenons-nous? en réalité, bien mal, car nous comprenons que si nous ne dominons pas le cheval, il nous dominera...  Nous nous mettons alors martel en tête pour nous faire "respecter" pour le "dominer" et cela devient une sorte de marche fragile ou tout peut d'un instant à l'autre, basculer dans l'autre sens...

De plus, ce mot"dominant" nous fait croire que nous sommes au-dessus de tout et renforce notre propension naturelle à nous croire des maitres alors que nous ne sommes que des êtres conscients de certaines choses (et certainement pas de tout)

Comment faire? commençons par employer un mot approprié. Que sommes-nous face au cheval?

Si l'on emploie le mot "protecteur" au lieu du mot dominant" nous pouvons nous rapprocher de la fonction d'un étalon qui veille et protège son troupeau.  Un "dominant" est un cheval sur de lui, calme et entièrement tourné vers la protection des siens. 

Pour un humain, utiliser le mot "protecteur" plutot que le mot "dominant" va induire une autre façon de se positionner avec un cheval; un protecteur accepte d'endosser des responsabilités et s'engage à le protéger en toute circonstance. Si nous devenons le protecteur d'un cheval, celui-ci acceptera de son plein gré de nous suivre et de nous accorder sa confiance. Une confiance qui sera construite jour après jour et permettra d'établir une relation beaucoup plus fine et plus subtile, une relation qui nous aidera à ouvrir notre conscience sur ce qui nous entoure...

Klaus Ferdinant Hempfling dit dans son livre "danser avec les chevaux" que dans un troupeaux de chevaux sauvages, ce sont les chevaux en bas de la hiérarchie qui se battent le plus et s'infligent les plus terribles blessures, alors que les protecteurs n'ont rien à prouver ni aux autres ni à eux-même; ils ont une assurance simple et naturelle, ce qui rassure les autres chevaux.

Tant que nous serons nous aussi dans la dualité du dominant/dominé avec un cheval, nous serons toujours en lutte avec lui, alors que si, mentalement nous avons l'image d'un protecteur, avec toutes les responsabilités que cela implique, nous sortirons de cette relation duelle ; non seulement cela va nous apporter une nouvelle façon de vovre avec un cheval, mais nous pourrons aussi découvrir les moyens d'apporter quelque chose au cheval, une chose dont, à priori, il n'a pas besoin mais que nous pouvons créer comme quelque chose de spécial et de nouveau. Alors seulement, nous commencerons à entrer dans l'univers du cheval, dans l'univers des animaux et dans la beauté de la création.

 

 

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