Un cheval pour la vie

A 78 ans, ma mère a pris pour la premiere fois une fourche à crotins pour m'aider à nettoyer le paddock ; le lendemain elle me disait que cela avait été le plus beau jour de sa vie... la présence des chevaux, l'espace ... la magie.... Oui les chevaux peuvent nous conduire vers ce qui a du sens... du bon sens, d'ou sans doute, l'attirance inextingible que nous avons envers les eux.

Vouloir mettre un cheval dans sa vie représente un  engagement qui nécessite beaucoup de réflexion. Les aimer ne suffit pas. Il faut s'engager.

Pourra-t on lui offrir une existence qui corresponde à ses véritables besoins, à son bien être et cela jusqu'à sa mort?

Pourra-t-on lui offrir de la disponibilité, chaque jour , passer du temps avec lui lui enseigner des choses, se remettre en question, se faire aider ?

 

Quand on est novice, gare aux marchands qui abusent de l' émotion des humains face au cheval et ils sont nombreux, les gens abusé qui achetent des chevaux pour vivre ensuite un enfer.

Pour notre part, nous disons que nous sommes les "protecteurs" de nos animaux, tant il nous semble qu'il faille d'avantage les protéger de toutes nos bêtises que d'en être "propriétaire".

Les émotions ne  doivent pas nous conduire, ni même les bonnes intentions.

C'est bien la conscience d'un engagement et d'une responsabilité pleine de bon sens qui garantira un chemin de bonheur et d'élévation.

Nous devons devenir guides et protecteur pour notre cheval, si nous ne voulons pas aboutir à un échec.

L'éthologie, nouvelle science qui a ses fondements, nous enseigne quun cheval c'est 500 kg de force de masse et d'impulsivité, de sensibilité et de réactivité... 

 

Il y a quelques années on parlait d'établir une "dominance" par rapport au cheval ce qui aujourd'hui, évolue peu à peu vers le concept d'apprentissage tant pour le cheval que pour le guide que nous devenons avec un cheval.

"dominer/dominance" terme devenu obsolète aujourd'hui, conduisait à vivre dans la peur du cheval, dans l'incompréhension , avec martel en tête de tenter de nous faire "respecter" pour le "dominer" chemin fragile ou tout peut d'un instant à l'autre, basculer dans l'autre sens...faute de compréhension.

Pour un humain, utiliser le mot "protecteur" plutot que le mot "dominant" va induire une autre façon de se positionner avec un cheval; un protecteur accepte d'endosser des responsabilités et s'engage à le protéger en toute circonstance. Si nous devenons le protecteur d'un cheval, celui-ci acceptera de son plein gré de nous suivre et de nous accorder sa confiance. Une confiance construite jour après jour, pour découvrir le talent du cheval et notre propre talent. Car comme nous un cheval peut apprendre, à condition de savoir le lui enseigner.

Les qualités à développer sont le courage, la perséverance, la détermination, la capacité de se remettre en question quand le cheval nous montre clairement que nous sommes à contresens. 

Tant que nous serons dans la dualité du dominant/dominé avec un cheval, nous serons toujours en lutte avec lui, accumulant les échecs, les contresens. Avoir un cheval, c'est s'engager sur un chemin d'apprentissage avec lui.

Il faut sortir de cette relation duelle pour découvrir une nouvelle façon de vivre avec un cheval, les moyens d'apporter quelque chose au cheval, une chose dont, à priori, il n'a pas besoin mais que nous pouvons créer comme quelque chose de spécial et de nouveau. Alors seulement, nous commencerons à entrer dans l'univers du cheval, dans l'univers des animaux et dans la beauté de la création.