Le troupeau en paddock paradise

Pour s"'approcher au maximum d'une vie harmonieuse, le cheval a besoin dr'un cadre de vie adéquat mais il a également besoin de vivre comme un cheval, en groupe hiérarchisé et diversifié.

Nous voyons trop souvent des chevaux sevrés à 6 mois développer des comportements dangereux. Une vie de troupeau avec une jument dominante cadrera le jeune poulain qui sera éduqué par le troupeau et observera le comportement de la jument dominante... les 3/4 du travail sera déjà fait.

PADDOCK PARADISE OU ECURIE ACTIVE ?      A partir d'un certain nombre de chevaux, on parlera d'avantage d'écurie active, concept se rapprochant du paddock paradise mais pas tout à fait: la différence fondamentale tient au fait que dans un paddock paradise, l'on va tendre à former un petit groupe stable de chevaux, vivant une cohérence hiérarchique alors qu'une écurie active correspondra davantage à un lieu de passage, ou vont et viennent les chevaux,  un lieu avec beaucoup de chevaux répartis dans différents paddocks, un lieu ou ne se forment pas vraiment  de groupe hiérarchisé, mais qui néanmoins permet aux chevaux d'avoir des contacts physiques avec leurs congénères et de vivre en stabulation plutot que d'être enfermé dans un box/prison. paddock-paradise-chevaux-libres-cheval-en-liberte-stabulation.jpgDes chevaux vivant dans une hiérarchie sereine sont très proches les uns des autres; pas d'agressivité ou de blessures à craindre

 

REUSSIR LA VIE EN PADDOCK PARADISE     Pour réussir à faire vivre des chevaux en paddock paradise, il faudra donc respecter certains points:

1/ Un nombre restreint de chevaux, ( 4 à 6 chevaux, voire jusque 8 si les chevaux s'entendent bien) afin qu'ils puissent former un véritable clan, même si, avec ce nombre, se forme souvent 2 sous-groupes, voire 3. Evidemment, il faut aussi tenir compte des tempéraments, mais chaque cheval composant ce groupe multiplie par autant de chevaux présents les possibilités d'amitié ou d'inimitié, se révélant souvent autour de la nourriture.

2/ Veiller à ce qu'il y ait une jument de tête, à défaut d'un étalon, et dans ce cas, une jument calme, bienveillante, stable et proche de l'homme (chez nous, nous avons Fleur de Lys qui accomplit ce miracle. L'idéal étant d'avoir un étalon uet une jument de tête, si l'on veut se rapprocher le plus possible des exigences de la nature et apporter au groupe chacune des fonctions nécessaires à sa cohérence.

3/ Faire en sorte qu'un groupe véritable se constitue en évitant les nombreux changements comme il s'en produit dans les écuries (même actives) . Les chevaux peuvent former de véritables amitiés, et la plupart des chevaux sont assez routiniers; ils vont donc apprécier la stabilité d'un groupe se positionner dedans et vivre sereinement cette stabilité, ce qui contribuera à son équilibre. Les accidents entre les chevaux arrivent dans des prairies partagées quelques heures par jours avec des chevaux qui se connaissent à peine; il faut compter en général 8 à 15 jours pour acclimater un nouveau cheval à un groupe existant, beaucoup moins si le groupe existant est très bien structuré et paisible (j'ai vécu des acclimatations quasiment immédiates  sans aucune ruade ni morsure, grâce à ma jument de tete.)

4/  Toujours aller voir avant le nouveau cheval destiné à rejoindre le groupe et tenter de percevoir si ce nouveau cheval va pouvoir s'intégrer au groupe existant. C'est très important d'apprendre à le sentir. Connaitre son comportement habituel, son histoire, la façon dont son protecteur (protectrice) j'entends son "propriétaire" vit son lien à son cheval. Tout est important, car le comportement du cheval sera souvent imprégné du comportement de son protecteur (pas toujours mais souvent) 

5/ Pour ma part, je veille à  l'équilibre d'un groupe avant de pveiller à l'équilibre d'un individu. Car en fin de compte, c'est le groupe qui compte; un groupe de chevaux est composé de plusieurs personnalité et bien que chaque personnalité cheval va avoir sa vie propre, la particularité du groupe sera caractérisé par chacun des chevaux qui le compose. Si il y a deux juments de tête dans le groupe, ou s'il n'y en a pas, le groupe ne sera pas équilibré; chaque fonction est importante; le cheval de tête autant que le suiveur (je déteste le mot "dominé" habituellement employé, ce mot est trop humain à mon sens et nous empêche de percevoir le sens d'une véritable hiérarchie telle que les animaux en établissent).

6/ Trouver le bon équilibre entre l'espace disponible et le nombre de chevaux possible, en sachant qu'un espace minimum est indispensable pour une vie harmonieuse; 3 chevaux à l'hectare reste respectable.

paddock-paradise-ecurie-active-hierarchie-chevaux-ethologie-2.jpgHiérarchie visible: au centre, le couple hongre/jument de tête et de part et d'autre, le hongre et la jument suiveurs

paddock-paradise-ecurie-active-hierarchie-chevaux-ethologie.jpgLe même ordre subsiste un peu plus loin, au moment de la distribution de nourriture

paddock-paradise-hierarchie-chevaux-ecurie-active-ethologie.jpgDans un groupe bien hiérarchisé, il est beaucoup plus facile de distribuer sereinement la nourriture

 

TOUS LES CHEVAUX SONT-ILS APTES A VIVRE EN GROUPE ?      D'après mes expériences, tous les chevaux sont aptes à vivre en horde même s'ils ont été en box, bien qu'il faudra à ceux-ci davantage de  temps.

La plupart des problèmes de comportement surviennent à cause d'un sevrage précoce, d'une vie en box, mais peuvent aussi survenir à cause de maladies. (un facteur auquel il faut toujours penser). Enfin, certains chevaux  ayant vécu des chocs traumatiques ou ayant été trop humanisés ne connaissent pas les codes que les chevaux échangent entre eux; ils peuvent avoir du mal à s'intégrer dans le groupe; soit ils agressent, soit ils sont agressés. Je pense qu'un tel comportement est difficilement réversible, sauf si l'on parvient à trouver un autre cheval ayant des affinités très profonde avec ce cheval en question et sera un médiateur.

Un autre point est à mes yeux, très important ; l'attitude de l'être humain vis à vis de son cheval; Que l'on y croit ou pas, le cheval capte nos pensées; pas comme des pensées avec des mots, bien sûr, mais il capte, comme tous les animaux, notre volonté, notre intention, notre attitude. Il a tout son temps pour nous observer et nous connaitre mieux que nous ne pourrions le connaitre. Notre comportement aura souvent une influence considérable sur l'attitude du cheval qui a bien conscience du lien particulier qu'il peut avoir avec son protecteur. Bien souvent, lorsque l'on regarde un cheval et l'être humain qui se lie à lui, on trouve de profondes ressemblances dans le caractère et le physique.

Il faudra dans tous les cas, faire preuve de patience, de douceur et de souplesse, afin de bien comprendre chaque cheval dans le groupe et regarder s'il y a ou non une véritable incompatibilité. Il m'est arrivé de devoir retirer une jument qui ne s'est jamais adaptée au groupe du moment, même après 6 mois; elle était rejetée de tous et elle-même restait toujours en retrait, bien qu'elle fut la fille de l'une des ponettes.